Gauthier Le Rouzic, artiste en résidence durant Museomix Québec au MNBAQ

«Le Québec, c’est froid et doux»

Emmitouflés dans leur Canada Goose comme tout bon touriste qui débarque en ville en novembre, juste avant de nous quitter, Gauthier et sa copine Clémence me parlent de sa démarche artistique mais aussi, de leur premier voyage en Amérique. On sent un peu de nostalgie, déjà.

Il y a quelques semaines, suite à une série d’événements, Gauthier a eu quelques minutes pour accepter l’offre de venir muséomixer avec nous à Québec. «C’est pratique de toujours avoir la photo de son passeport dans son iPhone. Ça m’a permis de régler ça rapidement!».

Vous l’avez peut-être croisé sans le savoir durant Museomix, en venant taper quelques mots sur sa machine à écrire qui vous répond. Si Gauthier refuse les entrevues devant micro et caméra et qu’il n’aime pas se présenter en tant qu’artiste aux côtés de ses œuvres, en revanche il adore rester en retrait, juste assez proche pour entendre les gens réagir devant le TypeWriterBot. Ça fait partie du plaisir.

 

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«As-tu vu ?»

As-tu faim?, As-tu mangé?, As-tu vu?  L’accent québécois nous a surpris. La machine aussi. Elle ne comprend pas toujours le québécois et en plus, avec son clavier français, les a devenaient des q et ça pouvait nuire à la communication parfois.» Malgré tout, beaucoup de visiteurs ont échangé avec elle.

«Beaucoup de gens croient que c’est moi qui répond lorsqu’ils tapent quelque chose et non la machine elle-même. C’est comme si on avait tellement l’habitude que la machine soit un simple outil de communication entre les personnes, qu’on l’extrait automatiquement de l’équation. Pourtant, quand on prend le temps de parler avec elle, elle a une vraie personnalité.»

Une personnalité ouverte. Parce que si l’idée de mixer une vieille machine à écrire avec une pseudo intelligence artificielle (comme le décrit Gauthier) appartient à l’artiste, le programme, lui, a été déniché sur le Web. Il existe une multitude de programmes similaires à Siri, offerts en licences libres. Pour Gauthier, c’est important de partager les idées. Ça fait partie de la démarche. Il explique d’ailleurs à quiconque le demande comment reproduire son TypeWriterBot. «C’est ce qui permet d’aller plus loin dans nos réflexions. Même si la personne sait comment faire, le but n’est pas de reproduire la même chose. Par contre, ça peut inspirer d’autres projets.»

 

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Collectionneur dans l’âme, Gauthier s’intéresse aux objets communicants depuis ses études aux beaux-arts. Il aime aussi ces objets qui ont du vécu, comme cette vieille dactylo, les minitels, les vieilles bicyclettes et les voitures anciennes. Il fait le parallèle entre un mec de 20 ans qu’on rencontre au bar et celui de 50, avec qui on fini la soirée à écouter les histoires.

«Quand j’étais jeune je jouais souvent à faire la machine dans les conversations sur chat ou SMS avec les amis, pour voir leur réaction. Par exemple, en répétant la même phrase plusieurs fois. S’en suivait une chaîne de Est-ce que c’est toi? Je pense qu’il y a un bug… Allo? Tu es là?»

C’est un peu la même chose avec le TypeWriterBot, mais à l’inverse . C’est la machine qui parle et on cherche l’humain derrière.

 

 

 

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